18 Sep
1:10

Bonjour !
RĂ©cemment l’article sur les dernières innovations dans la recherche contre la LeucĂ©mie MyĂ©loĂŻde chronique est paru (Voir l’article ICI). De ce fait, j’ai trouvĂ© qu’il Ă©tait intĂ©ressant de dĂ©crire un autre type de cancer : la leucĂ©mie lymphoĂŻde chronique. Cette approche permettra de vous montrer Ă  quel point les mĂ©canismes Ă  l’origine des cancers peuvent varier les uns par rapport aux autre.
Comme la LMC, la LLC est aussi une maladie de sang due à une prolifération anormale de globules blancs. Mais contrairement à la LMC ce ne sont pas les globules blancs granulaires qui sont responsables de la maladie mais les lymphocytes. En particulier, les lymphocytes B.

lympho

Zoltán Balajthy et al, 2011. Molecular therapies

 

Les lymphocytes sont issus des cellules souches hématopoïétiques produites dans la moelle osseuse et se différencient en lymphocytes B et T.

Les lymphocytes B sont des cellules immunitaires ayant pour rĂ´le de reconnaitre « les intrus » – les antigènes, via des rĂ©cepteurs appelĂ©s : anticorps prĂ©sents Ă  leur surface. Comme il y a une variĂ©tĂ© phĂ©nomĂ©nale d’antigènes il y a aussi Ă©normĂ©ment de lymphocytes B qui se distinguent au niveau de leurs rĂ©cepteurs. En effet, ceux-ci sont constamment recombinĂ©s, afin d’avoir une gamme suffisamment large pour reconnaitre les diffĂ©rents antigènes.
Pour ne pas saturer le sang en lymphocytes, ils sont rapidement détruits s’ils ne trouvent pas d’antigène à « leur gout ». En revanche, une fois l’antigène reconnu par fixation sur le récepteur, le lymphocyte B en question va rapidement se multiplier.
Ce mécanisme permet une multiplication rapide des lymphocytes B capables de reconnaitre l’antigène en question et donc assurer rapidement la destruction de l’antigène. Ce mécanisme, très efficace, peut néanmoins être indirectement la cause de la prolifération des cellules cancéreuses.
En effet, l’origine de la leucémie lymphoïde chronique est due à la multiplication d’un seul lymphocyte ayant des altérations génétiques dans son ADN qui l’empêchent d’entrer en apoptose. L’apoptose est le mécanisme impliqué dans la mort cellulaire. Ce lymphocyte « immortel » se divise dans le sang et génère de plus en plus de cellules avec les mêmes défauts génétiques. De plus, d’autres altérations génétiques apparaissent proportionnellement avec le nombre de divisions des lymphocytes « immortels » qui causent en général l’apparition d’anticorps variées capables de se lier à de nombreux antigènes. Paradoxalement, ces anticorps mutés peuvent cibler des composant de l’organisme, qui sont alors appelés auto-antigènes. Lorsqu’un lymphocyte est stimulé par un antigène, il connait une multiplication rapide et sa population devient lentement prédominante sur la population des autres lymphocytes B. Des mutations génétiques additionnelles convertissent les lymphocytes en leucémie. Ce phénomène est à l’origine de l’apparition de la leucémie lymphoïde qui se développe lentement d’où son appellation de chronique.

Sans titre

L’apparition de la maladie.

 

Lymphocyte ayant des altérations génétiques se multiplie (A). Des altérations génétiques additionnelles apparaissent au cours des divisions (B). La stimulation par les autoantigènes stimule la multiplication (C).

La maladie était longtemps considérée comme sans remède efficace dû fait d’un dépistage tardif lié à l’absence de symptômes lors des premières années après l’apparition du cancer.
Depuis 2011 les recherches en thérapie génique ont permis d’élaborer une nouvelle approche pour soigner la LLC. Celle-ci consiste en la modification de gènes des lymphocytes T afin qu’ils ciblent les lymphocytes B précurseurs de la maladie. Les lymphocytes T sont prélevés directement sur le patient pour être génétiquement modifiés. Après une chimiothérapie, les lymphocytes T sont réinjectés chez le patient et sont censé éliminer le restant des cellules cancéreuses.
Les deux grands enjeux de cette technique sont les modifications génétiques pour cibler les cellules cancéreuses et rendre plus efficace la multiplication des LT une fois réinjectés chez le patient. Le challenge fut en partie réussi en 2015 par un laboratoire de recherche en Pennsylvanie aux Etats-Unis. Environ la moitié des patients « cobayes » de cette nouvelle méthode ont connu une réémission d’environ 7 mois avant une rechute tandis que l’autre moitié n’a pas répondue au traitement.
Ce progrès montre à quel point les altĂ©rations gĂ©nĂ©tiques des LB peuvent varier d’un patient Ă  un autre. Ceci implique la prĂ©sence de facteurs encore inconnus Ă  ce jour qui impactent l’organisme vivant. Mais ce succès souligne surtout l’avancĂ©e colossale de la recherche et donne l’espoir d’obtenir un jour un traitement gĂ©nĂ©ralisĂ© pour cette maladie et peut ĂŞtre pour d’autres types de cancers que nous aborderons prochainement.

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« Une nouvelle Ă©tape vers l’Ă©radication de la leucĂ©mie myĂ©loĂŻde chronique Une rĂ©volution contre l’infertilitĂ© »

Jack

Msc in Biochemistry and RNA Sciences

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1 Comments

    Houang

    18 septembre 2015 at 13 h 10 min

    Salut bob ! Bien joué pour ton site bro !

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